On associe facilement un serveur à une machine dédiée, récente et suffisamment puissante pour tout faire tourner.
Mon homelab est beaucoup plus modeste.
Il tourne sur un Dell P32E001 qui, avant cela, prenait simplement la poussière. La machine avait besoin d’une remise en état avant de pouvoir être réutilisée. Une fois le problème réglé, je me suis demandé ce qu’il était possible d’en faire.
La réponse : un petit serveur personnel capable d’héberger plusieurs services utiles au quotidien.
La machine
La configuration est assez simple :
- CPU : Intel Core i3-6006U @ 2 GHz, 2 cœurs / 4 threads
- RAM : 7,7 Go
- Stockage : 491 Go
- GPU : Intel HD Graphics 520
- Hyperviseur : Proxmox VE 8.4.21
J’ai installé Proxmox pour disposer d’une couche de virtualisation et pouvoir organiser les différents services sans transformer le système en une seule grosse installation.
L’architecture reste volontairement simple :
Dell P32E001
- Intel Core i3-6006U @ 2 GHz
- 7,7 Go RAM
- 491 Go stockage
- Proxmox VE 8.4.21
Services hébergés :
- Jellyfin → serveur multimédia
- Pi-hole → DNS et filtrage réseau
- Uptime Kuma → monitoring
- Homepage → dashboard
- HomeBox → inventaire du matériel
- Autres services → selon les besoins
L’intérêt n’est pas d’avoir beaucoup de services, mais de pouvoir leur attribuer chacun un rôle précis.
Un serveur pour des besoins concrets
Jellyfin me sert de serveur multimédia.
Pour de la lecture directe, la machine s’en sort correctement. Le transcodage est une autre histoire : il augmente rapidement la charge et la consommation électrique.
C’est un bon exemple de la manière dont une même application peut avoir des besoins très différents selon son utilisation.
Pi-hole gère le DNS et le filtrage réseau.
C’est également le service qui m’a confronté à l’un des problèmes les plus intéressants : que se passe-t-il lorsque le serveur qui fournit le DNS redémarre ?
Après certains arrêts et redémarrages, la configuration DNS peut devenir un point de friction. Et lorsqu’un serveur DNS est indisponible, on se rend rapidement compte à quel point beaucoup de choses en dépendent.
Uptime Kuma surveille les services, tandis que Homepage fournit un point d’entrée pour les retrouver facilement.
Enfin, HomeBox me permet de garder une trace de mon matériel.
Ce sont de petits services, mais leur intérêt vient justement de leur combinaison.
Ce que le homelab m’a rappelé
Le plus intéressant n’est finalement pas le Dell lui-même.
C’est ce qu’il oblige à prendre en compte.
Avec environ 8 Go de RAM et un processeur ancien, je dois faire attention aux services que je déploie et aux ressources qu’ils consomment.
Le transcodage vidéo peut devenir coûteux.
Le stockage est limité.
Le serveur constitue un point unique de défaillance.
Et lorsque Pi-hole tombe, le problème dépasse largement Pi-hole.
Ces contraintes sont importantes parce qu’elles obligent à réfléchir à l’infrastructure autrement.
On ne peut pas simplement ajouter des ressources lorsqu’un service devient trop lourd.
Il faut parfois choisir.
Optimiser.
Supprimer.
Déplacer.
Ou accepter qu’un certain workload n’est tout simplement pas adapté à cette machine.
Une infrastructure suffisante
C’est probablement la principale leçon que je retiens de cette expérience.
Je n’avais pas besoin d’un serveur capable de faire tourner des dizaines de machines virtuelles.
J’avais besoin d’une machine capable de faire tourner mes services.
Cette distinction est importante.
Une infrastructure n’a pas besoin d’être surdimensionnée pour être intéressante. Elle doit surtout être adaptée à son usage.
Cela ne signifie pas qu’un vieux laptop peut remplacer n’importe quel serveur.
Il faut tenir compte de la consommation électrique, de la fiabilité, du stockage, des performances et de la capacité à évoluer.
Dans mon cas, les compromis sont acceptables.
Et surtout, la machine était déjà là.
Faire avec ce qu’on a
C’est finalement ce que j’aime dans le homelab.
On part rarement d’une situation idéale.
On part d’une machine disponible, de ressources limitées et d’un problème à résoudre.
Puis on construit autour de ces contraintes.
Ce Dell n’est probablement pas le serveur que je choisirais pour une infrastructure critique.
Mais pour expérimenter, apprendre l’infrastructure et héberger quelques services personnels, il fait très bien le travail.
Le bon matériel n’est pas forcément celui qui possède les meilleures spécifications. C’est celui qui répond correctement au problème qu’on lui confie.
Et parfois, ce matériel se trouve déjà dans un placard.